Le précipice abstrait

precipiceL’éventualité d’une catastrophe pour l’humanité gagne en vraisemblance chaque jour, en plusieurs domaines les menaces sont imminentes, et on constate que rien ne se passe vraiment, les tendances, alarmantes, se maintiennent. Jean-Pierre Dupuy pense que ce problème majeur peut être, si ce n’est résolu, du moins abordé et clarifié au niveau de l’analyse logique et philosophique. Mon propos est de revisiter ici certains de ses arguments pour tenter de descendre des hauteurs de la théorie des jeux vers des zones plus ordinaires où se dessinent, à mon avis, des orientations épistémologiques nouvelles plus opérationnelles.

Je n’utilise ici qu’une petite partie de l’œuvre considérable de Jean-Pierre Dupuy au risque de manquer certaines dimensions de sa pensée — notamment sur le sacré — sur lesquelles j’espère pouvoir revenir ultérieurement : les deux articles « Le temps, le paradoxe » [1]  et « Le Futur bifurque-t-il ? Vers une nouvelle science du futur. A la recherche d’une éthique du futur » [2] et l’ouvrage Pour un catastrophisme éclairé, Seuil 2002. Je me servirai également du texte intitulé « De la possibilité d’une futurologie scientifique » (2004) qui a circulé comme prépublication mais ne semble plus disponible actuellement.

Esquisse de la position de Jean-Pierre Dupuy

Jean-Pierre Dupuy distingue trois cas où la prédiction de l’avenir peut intervenir. 1) Le cas de l’état futur d’un système lointain sur lequel la prédiction elle-même n’a pas d’influence. Alors la prévision s’apparente à celle d’un système physique. 2) Le cas où le prédicteur agit par la parole sous forme conditionnelle : voici ce qui se passerait si vous décidez telle chose ou si vous faisiez telle autre. 3) Enfin le cas où le prédicteur sait que sa prédiction va perturber le système et en tient compte pour trouver la formulation la plus pertinente.

La prospective concerne le second cas. Elle étudie des scenarios. Pour Jean-Pierre Dupuy elle n’est pas adaptée à l’étude du type d’incertitude radicale à laquelle nous nous trouvons aujourd’hui confrontés. Une critique qu’il avance contre cette approche est qu’elle s’appuie sur une confusion entre la présumée multiplicité des futurs possibles expliquée par l’indétermination ontologique du futur et d’un autre côté le fait que nous interprétons cette multiplicité comme le reflet de notre incapacité à connaître l’avenir de façon certaine.

En revanche il propose d’approfondir le troisième cas. Pour cela il insiste sur une situation où la lecture de la problématique du futur est particulière et importante : le temps du projet. Le temps du projet est le cas où il y a coïncidence entre ce que dit la prévision et le monde perturbé par cette prévision. On voit la procédure de point fixe dont il s’agit, et on imagine bien qu’on puisse la rencontrer dans certaines situations en économie avec les prédictions auto-réalisatrices, les marchés ou la spéculation par exemple. La planification à la française telle que l’avait conçue Pierre Massé visait typiquement à réussir cette conjonction ainsi que le dit Roger Guesnerie « [La planification] visait à obtenir par la concertation et l’étude une image de l’avenir suffisamment optimiste pour être souhaitable et suffisamment crédible pour déclencher les actions qui engendreraient sa propre réalisation »[3].

Pour résoudre le problème de la catastrophe majeure Jean-Pierre Dupuy veut mettre à profit le temps du projet au sens ci-dessus car il considère que c’est le seul propos réellement crédible. Il est persuadé que viser un tel point fixe est la seule façon d’être irréfutable. Il faut donc annoncer et prédire la catastrophe avec les moyens d’annonce qui la rendent nécessaire et s’en échapper néanmoins[4].

D’où la formulation qui est la dernière phrase de son livre « Le catastrophisme éclairé consiste à penser la continuation de l’expérience humaine comme résultant de la négation d’une autodestruction — une autodestruction qui serait inscrite dans son avenir figé en destin ». Jean-Pierre Dupuy considère qu’il faut rendre crédible la perspective de la catastrophe pour accroître la force ontologique de son inscription dans l’avenir. Mais évidemment cela ne veut pas dire augmenter le nombre des centrales nucléaires. Ce qu’il veut dire c’est que l’activité de prédiction doit constituer une partie intégrante du fonctionnement social de sorte qu’elle puisse avoir un réel effet causal sur ce fonctionnement.

On peut ne pas être convaincu par l’argumentaire ainsi développé. C’est mon cas. Je vais l’expliquer ci-dessous.
Mais je ne peux aborder cette discussion sans souligner préalablement la clarté des très nombreux exemples analysés par l’auteur, toujours d’une grande justesse, tirés des domaines les plus divers de sa large culture. Ce n’est pas de ma part une clause de style. Tant d’auteurs — j’ai bien des noms en tête — nous livrent sur ces sujets fondamentaux une prose savonneuse à n’en plus finir, c’en est la nausée. Ici au contraire, on apprend beaucoup, pas seulement par les exemples, mais aussi par l’exigence que s’impose l’auteur dans son enquête, et je dirais que — plus que le détail de sa démonstration — c’est son implication en tant qu’homme dans le drame dont il nous parle et son élévation spirituelle qui force l’admiration.

La croyance en la pertinence d’un discours aussi abstrait est « décalée ».

Approchons nous maintenant davantage du raisonnement avancé : « La méthode philosophique que j’ai proposée sous le nom de ‘catastrophisme éclairé’ pour aborder ces questions, écrit-il, trouve son origine dans un paradoxe qu’Henri Atlan et moi avons découvert ensemble, en 1976, et qui n’a pas cessé de m’obséder, il s’agit du paradoxe de Newcomb ». Là est le germe historique de son investigation sur les catastrophes. De quoi s’agit-il ?

Soit deux boîtes, l’une transparente, qui contient mille euros, l’autre, opaque, qui soit contient un million d’euros, soit ne contient rien. Le choix de l’agent est soit H1 : ne prendre que le contenu de la boîte opaque, soit H2 : prendre le contenu des deux boîtes. Au moment où le problème est posé à l’agent un Prédicteur a déjà placé un million d’euros dans la boîte opaque si et seulement si il a prévu que l’agent choisirait H1. L’agent sait tout cela et il a une grande confiance dans les capacités prédictives du Prédicteur. Que doit-il faire ?
Une première argumentation qui vient spontanément à l’esprit de ceux qui découvrent le problème conclut que l’agent doit choisir H1. Le prédicteur l’aura prévu et l’agent aura un million. S’il choisissait H2, il n’aurait que mille euros. Le paradoxe est qu’une seconde argumentation paraît tout aussi décisive, alors qu’elle conclut de manière opposée. Lorsque l’agent fait son choix, il y a ou il n’y a pas un million d’euros dans la boîte opaque : à prendre les deux boîtes, il gagne évidemment mille euros de plus dans l’un et l’autre cas. H2 est donc sa stratégie dominante.

On est à une distance vertigineuse du quotidien des gens. Comment de telles arguties qui ressemblent au sexe des anges ont-elles une chance de motiver un fort mouvement sur l’élaboration sociale des prédictions ? Ce registre crée un vrai malaise. Car le capitalisme lui, est tout près des gens, il sait leur faire trouver leur intérêt égoïste, consommateur, destructeur de ce qui n’a pas de prix, il est compris par l’agriculteur, par le pêcheur, par la mère de famille.

Pour la thèse centrale du catastrophisme éclairé Jean-Pierre Dupuy n’en reste pas au principe de l’importance de la crédibilité de la catastrophe, il s’appuie sur un raisonnement « à la limite ». Considérant que « si l’effet dissuasif de la catastrophe fonctionnait parfaitement, il s’auto-annihilerait », Dupuy défend la position que « non seulement le ‘risque’ — la catastrophe — reste une possibilité, mais seule l’inévitabilité de sa réalisation future peut conduire à la prudence ». Et il lui semble intéressant (quoique dans le temps du projet l’incertitude soit non probabilisable) de préciser les choses ainsi :

On peut vouloir quantifier la probabilité de cet accident. Disons que c’est un epsilon ε, par définition faible ou très faible. L’explication qui précède peut alors se dire de manière ramassée : c’est parce qu’il y a une probabilité ε que la dissuasion ne marche pas qu’elle marche avec la probabilité 1-ε. Ce qui pourrait passer pour une tautologie (ce serait évidemment le cas dans la métaphysique du temps de l’histoire) n’en est absolument pas une ici, puisque la proposition précédente n’est pas vraie pour ε=0. Le fait que la dissuasion ne marche pas avec une probabilité strictement positive est ce qui permet l’inscription de la catastrophe dans l’avenir, et c’est cette inscription qui rend la dissuasion efficace, à ε près.

BabelLe malaise dépasse la fracture entre la sophistication de ces considérations et la gravité de l’enjeu qui concerne, rappelons-le, des catastrophes « qu’elles fussent morales (la Shoah, Hiroshima, le 11 septembre) environnementales (le réchauffement climatique) industrielles (Tchernobyl) ou naturelles (Lisbonne 1755, Sumatra 2004) ». Il y a comme une inconvenance, une indécence du propos, une sorte de « décalage » en entendant par ce terme une inadaptation du discours aux conventions du groupe à qui il est destiné.

Pour en trouver l’origine, prenons un passage simple où déjà ce malaise est présent. Au début de son article « A la recherche d’une éthique du futur » Dupuy écrit :
« un des rares principes éthiques, à la fois universel et indiscutable, est que ‘devoir’ implique ‘pouvoir’. Autrement dit, il n’y a aucune obligation à faire ce que l’on ne peut pas faire ».
Raisonnement typiquement analytique où (A entraîne B) est équivalent à (non B entraîne non A). Or, il s’agit ici de l’impératif de Kant « Tu dois donc tu peux », énoncé central de sa philosophie morale. Certes c’est formellement équivalent à « Tu ne peux pas donc tu ne dois pas ». Mais ce que dit Kant c’est que tu dois te mettre dans l’état d’esprit de surmonter les difficultés qui seront sur la voie que ton devoir dessine tel que tu le saisis. Alors que la seconde assertion signifie que ton devoir est subordonné à la connaissance de tes possibilités, on regarde d’abord ce qu’on peut faire et dans ce champ on examine ce qu’on doit faire, la morale est une affaire de bonne gestion.

C’est évidemment que le sens n’est pas contenu dans la syntaxe. Bien des auteurs l’ont souligné aussi bien Deleuze (Logique du sens) que l’Oulipo, ou Lévi-Strauss, et bien sûr Quine. Déjà Saussure avait noté que les relations in absentia ne sont pas des dualités mais des pluralités.

Il y a une erreur grave quant à la portée que certains économistes et théoriciens des jeux accordent au cadre déductif qu’ils utilisent. Ils ne sont pas les seuls, on retrouve cette erreur dans la majeure part de cette curieuse entreprise qu’est la philosophie analytique… Chez les économistes mathématiciens elle est une posture dont on cherche souvent à tirer des avantages disciplinaires et académiques.
Il faut insister sur un point de méthode fondamental : la logique formelle, celle qui axiomatise la logique d’Aristote et s’étend par le langage des prédicats en la charpente des mathématiques, ne s’applique pas à la dimension sémantique. Ni pour le langage ordinaire, ni pour les mathématiques.
Le cas des mathématiques est le plus frappant. Le sens relève de l’interprétation des signes et les symboles utilisés pour l’implication d’un énoncé par un autre et pour la satisfaction d’une théorie par une interprétation ne sont pas les mêmes. L’arithmétique formelle a plusieurs sens, quoique l’on écrive les mêmes formules, elles n’ont pas la même signification dans le cas standard et dans le cas non-standard. Et c’est ainsi pour toutes les mathématiques (sauf théories si pauvres qu’elles n’ont guère d’intérêt) elles ont une immense variété de significations différentes. La théorie du potentiel par exemple, qui généralise la gravitation newtonienne, peut s’interpréter par l’électrostatique, par la propagation de la chaleur, par le mécanique des fluides, et par le processus aléatoire du mouvement brownien. Déjà en mathématique il est illusoire de vouloir gouverner le sens grâce à la syntaxe.
Quant aux langues ordinaires, qu’elles ne puissent faire mieux que les systèmes formels à cet égard est le thème majeur de la philosophie de Quine. Cela n’interdit pas à la logique formelle d’être la charpente d’une théorie particulière, telle que la théorie des jeux axiomatisée. Au sein d’une discipline spécifiée, le sens s’étend par de nouveau paradigmes, sous la contrainte de cohérence logique avec ce qui a déjà du sens [5]. Mais sauter de la théorie des jeux à l’éthique est un grand écart auquel un état des lieux épistémologique nous demande de renoncer.

Le seul cadre philosophique où un tel passage serait acceptable est si on suppose que la théorie des jeux, avec sa syntaxe et sa sémantique, est la seule théorisation valide du monde. Autrement dit si l’on soumet le monde à une vision absolument moniste. Mais ceci est intenable puisque déjà en mathématiques les interprétations sont plurielles et divergentes. Cela nous imposerait une seule façon de comprendre les mathématiques. Autant dire que nous perdrions le principal outil de leur fécondité.

Derrière ce courant de la philosophie analytique il y a une idéologie qu’il faut dénoncer. Cela ne vise pas Jean-Pierre Dupuy, son engagement est clair à cet égard et d’ailleurs plusieurs de ses travaux vont dans le sens de la dénonciation du monisme dominant. Cela ne concerne que la méthode sur laquelle il pense pouvoir s’appuyer ici.
Car en effet, considérer que la théorie des jeux porte, par sa simple syntaxe, des leçons philosophiques morales universelles ouvre la porte à une dérive totalitaire qui consiste à penser que ceux qui ne pensent pas comme nous disent n’importe quoi. C’est fondé sur l’argument suivant «si ce que je crois est vrai, alors les autres croyances sont arbitraires». Non seulement elles sont fausses mais je ne leur donne même pas le droit d’une charpente logique cohérente. La règle logique du ex falso sequitur quodlibet qui fait que les théories axiomatiques contradictoires sont sans intérêt et qui donne de la valeur aux énoncés démontrés, les théorèmes, est une règle syntaxique et ne s’applique pas à ce qui relève du sens. Cette extension illégitime est pleine de sous-entendus commodes pour disqualifier tout adversaire : il y a une pensée (la nôtre) qui possède à la fois suffisamment de contenu pour asseoir la morale et suffisamment proche de la forme analytique pour en tirer sa force d’exclusion…

La prudence ne peut se fonder que sur des lectures plurielles des éventuels.

Revenons finalement sur la prospective faite avec des scenarios que Jean-Pierre Dupuy rejette. Pour quelle raison ? Parce qu’avec des assertions conditionnelles « si… alors » au fond les scientifiques ne se mouillent pas. Le ‘grand partage’ est à l’œuvre. Dans la dualité schopenhauerienne les scientifiques se placent du côté de la représentation et laissent la volonté aux autres, aux intérêts exprimés dans l’économie néolibérale.

C’est juste et concernait une bonne part de l’activité scientifique jusqu’à maintenant. Cela signifie qu’il faut réorienter le travail de fabrication de connaissance. Le concept de scenario est trop filiforme, il manque d’épaisseur. Les inquiétudes sont aujourd’hui légitimes et les scientifiques sont partie prenante. La constitution d’interprétations d’éventualités sous forme d’un faisceau cohérent d’êtres-questions compatibles avec les données mesurées et suggérant de nouvelles mesures et de nouveaux indicateurs dans le suivi de la pertinence des craintes qui s’attachent à cette lecture est un vrai travail scientifique. Le seul qui puisse contribuer à réorienter le bateau.

Il y a un deuil à faire. Il va falloir vivre avec plusieurs interprétations scientifiquement solides. Non pas comme le cas du Soleil qui tourne autour de la Terre au quotidien alors que nous savons que la bonne interprétation scientifique est autre. Non, parfois l’approfondissement et le suivi feront tomber certaines lectures des possibles, mais dans d’autres cas plusieurs lectures resteront et se complèteront comme les caractères corpusculaire et ondulatoire de la lumière, comme l’approche de la propreté d’une rivière par les composants chimiques de son eau et l’approche par le suivi des espèces animales et végétales qui y vivent.

Ce qui nous fait croire qu’il n’y a qu’une bonne interprétation du monde vient du mensonge positiviste. Il ne garde dans la science que les lois non encore invalidées en oubliant que les mesures n’existent que si elles sont voulues et ne rendent service que si elles sont interprétées.

Et subsiste le problème du déni.

Indépendamment de la non pertinence de l’argument logique développé par Dupuy, il reste une question de fond que l’on peut formuler ainsi : est-ce si sûr que la croyance forte à la plausibilité de la catastrophe, et donc le discours demandant d’abandonner l’espoir, aient pour résultat de vivifier l’action en vue d’éviter la catastrophe? Compte tenu de ce que nous savons de l’ampleur du changement de mode de vie qui est nécessaire pour respecter les limites des ressources minérales et pour tenir compte de la finitude de la résilience de la nature, tout porte à croire que le résultat serait au contraire le déni pur et simple de la réalité, d’autant plus que celle-ci est décrite par des scientifiques très lointains.
D’après une étude réalisée en 2013 par l’ADEME la proportion des Français qui pensent que l’effet de serre est une hypothèse et que la cause des désordres est incertaine n’a jamais été si haute depuis dix ans. Elle atteint 23% en France, on sait qu’elle est bien supérieure en Angleterre et aux Etats Unis.
Aussi la question du meilleur registre de propos pour éviter une catastrophe telle que le changement climatique à plus de 3°C à la fin du siècle, ou celle de l’effondrement de la biodiversité, est si délicate car elle fait intervenir tous les méandres de la psychologie individuelle et collective. Dès lors que la perspective aperçue est traumatisante, le refus de reconnaître cette réalité est souvent l’attitude la plus courante c’est-à-dire la dénégation. »Une vérité niée a autant de poids imaginaire qu’une vérité avouée, Verneinung que Bejahung » écrit Lacan[6]. Mais déjà Freud avait pointé le déni à propos des catastrophes. Dans une lettre à Romain Rolland il mentionne un récit relatif à la Reconquista :

« Puis-je m’arrêter à un cas-limite de semblable défense ? Vous connaissez la célèbre complainte des Maures espagnols A y de mi Alhama, qui raconte comment le roi Boabdil accueille la nouvelle de la chute de la ville Alhama. Il pressent que cette perte signifie la fin de son règne. mais comme il ne veut pas « tenir pour vraie » cette fin, il décide de traiter la nouvelle comme du « non arrivé ». Voici la strophe

Des lettres lui parvinrent
Disant que Alhama avait été prise
Les lettres il les jeta au feu
Et le messager il le mis à mort.

[Boabdil, dernier roi maure de Grenade, y régna de 1487 à 1491] On devine aisément, poursuit Freud, qu’à cette conduite du roi prend part le besoin de s’opposer au sentiment de son impuissance. »[7]

Or vis-à-vis du changement climatique chacun a un grand sentiment d’impuissance justement.


[1] Dupuy J.-P., « 19. Le temps, le paradoxe », Déterminismes et complexités : du physique à l’éthique, La Découverte, 2008, 321-334.
[2] Dupuy J.-P., « 22. Le Futur bifurque-t-il ? Vers une nouvelle science du futur. A la recherche d’une éthique du futur », in Bifurcations, La Découverte, 2009, 373-386.
[3] R. Guesnerie, L’économie de marché, Dominos Flammarion 1996.
[4] Il est courant en théorie des jeux que la stratégie gagnante est celle qui suit un principe stratégique pendant toute la partie et change de méthode juste avant la fin. C’est le cas par exemple dans le jeu de Marienbad.
[5] Y compris en ce qui concerne la discipline particulière qu’est la linguistique lorsqu’elle étudie la sémantique donc le sens, le référence, la présupposition etc., ce qui peut semer la confusion chez les étudiants.
[6] Séminaire XXII, 18-3-1975.
[7] Sigmund Freud Œuvres complètes XIX PUF 1995, p 336.

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