Nietzsche et les femmes

La philosophie se déclenche souvent par des rapprochements. Voici trois fragments disparates. Le premier concerne Nietzsche.
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2 réponses à Nietzsche et les femmes

  1. julial dit :

    dites nous encore deux ou trois choses que vous savez d’elles via le medium nietzsche

    • N. Bouleau dit :

      Deux ou trois choses que je sais d’elles par l’entremise de Nietzsche, j’y reviendrai au hasard de lectures. Mais il me vient à l’esprit un autre auteur dont la relation avec les femmes a certainement une relation forte avec la philosophie, c’est Auguste Comte. Comme vous savez après avoir été secrétaire de Henri de Saint-Simon, le théoricien du progrès par l’industrie et fondateur de l’église laïque des saint-simoniens, il s’en est séparé en 1824, et c’est à ce moment qu’il rencontre Caroline Massin, femme légère qu’il épouse dans l’idée de la remettre sur le droit chemin et qui le fera souffrir à l’extrême jusqu’à la dépression et la séparation un peu avant 1840. Il connaîtra plus tard, en octobre 1844, le véritable amour avec Clotilde de Vaux qui mourra en 1848, laissant Comte changé et marqué pour le reste de ses jours par cet élan affectif.
      Dans sa vision de la société fondée sur la science positive, elle-même pensée comme ce qui fait objectivement consensus, il fait jouer aux femmes un rôle de liant social. Par exemple le dixième mois de l’année du Catéchisme positiviste est dévoué à « La femme, ou la providence morale » considérée comme « mère, sœur, épouse, fille ». John Stuart Mill lui en fera reproche, adoptant un point de vue plus égalitaire. Pourtant le rôle de la femme dans l’esprit de Comte n’est pas du tout subalterne, au contraire il est fondamental pour le réalisme de sa construction sociale. Tous les faiseurs de « grands récits sociaux » du 19ème siècle se demandaient par quoi remplacer la religion pour la cohésion sociale, et la réponse de Comte repose sur ce rôle attribué à la femme.
      Evidemment, il recherche là ce que Caroline Massin ne lui fournit pas. Elle est excitante mais n’est ni une mère ni une égérie, encore moins transmetteuse des savoirs implicites de la civilisation (dont parlera si bien Alain Fournier dans Les miracles).
      Dans l’essai Aberrations, le devenir-femme d’Auguste Comte (Aubier Flammarion, 1978) Sarah Kofman va encore plus loin en tentant de montrer que Comte élabore sa pensée de la société parce qu’il se cherche comme femme lui-même.

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